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Faire du respect des internautes le pilier de la publicité mobile, une question de survie

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Plusieurs applications d’éditeurs français se sont récemment retrouvées exclues de l’App Store, comme l’a rapporté le JDN. Closer, Marmiton, Le Figaro, entre autres, sont parmi les médias touchés. Pour expliquer cette décision, Apple invoquait alors une violation de ses conditions générales en matière de protection des données et de recueil du consentement des utilisateurs. Un sujet pour le moins sensible après les révélations de l’affaire Cambridge Analytica et à l’heure de l’entrée en vigueur en Europe du RGPD.

Plus précisément, ce sont les pratiques d’un seul acteur du marché de la publicité géolocalisée qui semblent concernées par cette décision. A y regarder de plus près, il apparaît qu’Apple condamne avant tout l’absence d’accès à l’information de finalités de traitement permettant au mobinaute de donner un consentement explicite et spécifique, et non leur géolocalisation en tant que telle. C’est donc la collecte et l’envoi d’informations de géolocalisation sans un consentement explicite de l’utilisateur, ou à des fins « non-souhaitées » par l’utilisateur, qui posent problème.

Aux Etats-Unis, l’équivalent de la CNIL n’est pas aussi active que ses homologues européennes, mais le contexte médiatique autour du ciblage des internautes incite les acteurs à agir par eux-mêmes, de façon préventive, pour éviter d’être un jour pointés du doigt comme Facebook l’a été avec l’affaire Cambridge Analytica. Apple et Google se doivent d’assurer le respect des internautes au sein de leurs écosystèmes : il est donc tout naturel qu’ils fassent régulièrement le tri dans les prestataires qui y opèrent, s’ils ne respectent pas les bases de la «privacy ».


Pour survivre, les acteurs de l’écosystème n’ont donc qu’une seule solution : faire de la « privacy » non seulement un enjeu de conformité, mais aussi un élément clé de la pérennité de leurs modèles. Autrement dit, si le respect des internautes n’est pas au cœur de vos pratiques, vous serez non seulement rattrapés par les autorités de régulation, mais aussi par le marché.

C’est notre conviction depuis longtemps : nous avons mis en place un opt-in « géo-transparent » et une plateforme qui permet de proposer des opt-in totalement conformes à la législation, en suivant la preuve du consentement. Nous sommes aujourd’hui prêts à ouvrir au marché ce que nous avons développé, pour mettre à disposition de tous, y compris nos concurrents, cette plateforme d’opt-in. Par ailleurs, nous développons actuellement notre propre « Consent Management Provider » cet outil sera à la disposition de tout acteur engagé dans une démarche CNIL globale. Dans les prochains mois, nous travaillerons aussi à donner la possibilité à l’utilisateur d’opt-in par campagne pour recevoir des publicités qui lui conviennent.

Cette auto-régulation est de la responsabilité de chaque acteur, mais elle doit aussi être menée plus largement au sein des instances interprofessionnelles. L’IAB travaille actuellement sur la définition d’une norme pour le marché, qui s’appliquerait à l’ensemble des prestataires du secteur, avec des best practices relatives à l’exploitation des « bid requests » ou au paramétrage des SDK embarqués au sein des applications.

La décision d’Apple nous rappelle, si besoin était, que le respect strict des données personnelles et du consentement des internautes est la condition sine qua none qui permettra à tout l’écosystème mobile de prospérer… Chacun y gagnera : les médias, qui ont besoin de nouvelles sources de revenus ; les annonceurs, qui ont besoin de données de qualité pour leurs campagnes ; et surtout les mobinautes qui ne sont pas prêts à payer pour accéder à des contenus, et peuvent bénéficier ainsi d’un accès gratuit aux médias.

Corinne Guédon-Lepeuple, Deputy CEO de Vectaury

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